umaaum

UMA AUM

Je voulais appeler ce texte “Un hommage au massage tantrique” et en laissant ma plume glisser spontanément, il s’avère que c’est à vous messieurs à qui j’ai envie de rendre hommage.

C’est avec les cellules toutes frémissantes que je m’adresse à vous. Après une autre séance de massage tantrique, je me dis que mon métier est béni des dieux. Quel honneur j’ai de pouvoir partager cette pratique, cette vision, de telles connexions, une telle humanité.


Quand j’ai décidé de me lancer dans le massage tantrique, il y a environ 20 ans, ma fille était encore bébé. Elle a 22 ans maintenant ! Je partais d’un endroit de souffrance. Victime d’abus divers perpétrés par des hommes, des hommes de ma famille, mais aussi des partenaires, j’ai voulu apporter un changement. Éduquer, pourrait-on dire, l’homme à une autre sexualité. J’adore cette phrase de Léonard Cohen : « Il y a une fissure dans toute chose ; c’est ainsi qu’entre la lumière. »


Ma trajectoire a été simple et directe quand je la regarde à postériori. C’est pourquoi je travaille depuis 8 ans comme praticienne en massage tantrique (en Ayurvéda, Yoga et Somatic experiecing également). Je pensais proposer autre chose, une autre vision, une autre façon de se relier à l’autre à travers le sexe, une nouvelle façon de rendre hommage, de se donner, d’oser se dire, d’accueillir.

Ce que je reçois de cette pratique me fait penser à un texte que j’ai écrit il y a quelques années : Les hommes beaux.

 

four men sitting together on a mountain


Je suis la première à dénoncer les abus sexuels, surtout dans mon domaine. Professionnelle du massage tantrique, je connais le réseau et n’irais absolument pas me faire masser par mes « collègues » dans ce domaine. Je ne vois même plus, aujourd’hui où je vis, vers qui réorienter une femme qui souhaiterait recevoir un massage tantrique par un homme, tant les abus sont nombreux, chuchotés, murmurés à demi-mots.

Cependant, ce que j’ai envie de vous partager aujourd’hui, c’est la beauté de ces hommes qui viennent en séance. Rappelez-vous, je pensais éduquer le masculin à une rencontre plus sensible, plus respectueuse de la femme et de l’homme (l’un ne va pas sans l’autre) à travers la sexualité.


Jour après jour, je vis des séances qui sont magiques, intenses, espiègles, touchantes… au sein desquelles, le respect de ces hommes qui viennent chez moi est présent à chaque instant. Cela me permet de m’ouvrir et de m’approcher un peu plus de leurs corps, de leurs émotions, de leurs affects. S’ensuit une connexion au-delà du temps qui fait jaillir un amour quasi inconditionnel. J’accueille tous ces hommes de la même manière, avec les mêmes égards, que celui-ci me plaise physiquement ou non. C’est une considération qui n’est même pas présente. Le côté éventuellement attractif ne se trouve pas dans ce que mes yeux comtenplent. Je me rappelle un amant qui physiquement était parfait, il n’y avait aucune alchimie, vous voyez ce que je veux dire aucune dynamique d’attraction. Cela n’a pas duré évidemment. Je me souviens d’un praticien en massage tantrique me dire : « qu’il pourrait aller plus loin, jusqu’à proposer de la sexualité, mais alors uniquement avec les femmes qui lui plaisent » ! Ce n’est que des années après que j’ai réalisé la violence de cette approche et combien cela n’a rien à voir avec le Tantra.


Saviez-vous qu’à l’époque des rituels tantriques, on ne choisissait pas son/sa partenaire ? Celui/celle-ci était désigné(e) par un tiers pour justement appliquer et intégrer les principes du Tantra.

 

J’ai envie de revenir sur l’image de la fissure et de la lumière.


 J’ai progressé à travers mes pratiques et mon chemin thérapeutique personnel et suis arrivée à faire sortir la lumière par la fissure. Et voilà qu’avec tous ces merveilleux hommes, elle entre aussi. Un double courant qui m’illumine, me ravit.

Par ces petits mots, je voulais simplement remercier tous les hommes que j’ai eu l’honneur d’accueillir en massage tantrique et qui avec égards, ont accepté mon cadre et ont fait le pari de la vulnérabilité. Vous n’en êtes que plus forts à mes yeux, que plus admirables.
Alors oui, je continuerai à dénoncer la violence des abus perpétrés majoritairement par les hommes, mais je souhaite également partager et défendre le beau qui souvent passe inaperçu. Les hommes beaux sont souvent effacés par les hommes laids, les hommes violents, les hommes violeurs, les hommes machos, les menteurs, les salopards…


Merci à toi qui es venu en massage tantrique chez moi et m’as montré une réalité différente! Et pour contredire ma maman: « Non les hommes ne sont pas tous des salauds! ».


Merci aussi à ce chemin de conscience, à cette grande conscience. Et encore, pour citer Sainte-Thérèse de Lisieux : « Tout est grâce ». Si ce n’est pas grâce, c’est que ton regard est aveugle. (Vous vous souvenez du film : « La Vita è bella » ? Voilà…)

 

Avec gratitude

 

Auteure: Umâ Aum

One Response

  1. Comme toujours, que tu écris bien Üma !

    Je sais à quel point le terme « débattre » te révulse. Moi qui n’ai pas appris le latin, le hasard m’a informé depuis qu’il n’y a pas vraiment de lien avec battre dans le sens de conflit ou de bataille mais plutôt un soucis d’échange. Et cela m’arrange bien car c’est dans ce sens que je le vois et l’utilise.
    Ton texte est beau et je l’apprécie. Il est vrai. C’est ce qui transpire de ton expression.

    Alors, lorsque je lis « Je ne vois même plus, aujourd’hui où je vis, vers qui réorienter une femme qui souhaiterait recevoir un massage tantrique par un homme, tant les abus sont nombreux, chuchotés, murmurés à demi-mots. », je suis triste. Je suis triste que notre société évolue si lentement. Je suis triste que certains se permettent de faire la morale aux autres sociétés de par le monde que je trouve souvent plus humaine et équitable que la nôtre soi-disant moderne et « civilisée ». Ta phrase montre et démontre à quel point il est encore nécessaire de balayer devant notre porte !